Edouard Rocher : "Je préfère qu'on me juge sur ce qui est fait"
Partager Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn Partager cette page par e-mail Edouard Rocher : "Je préfère qu'on me juge sur ce qui est fait" À la une Actualités 29 juillet 26 Le 15 mars dernier, les Coursannais renouvelaient leur confiance à Édouard Rocher pour un troisième mandat. Quatre mois plus tard, l'heure est au premier bilan. Sécurité, mobilités douces, patrimoi
Edouard Rocher : "Je préfère qu'on me juge sur ce qui est fait"
29 juillet 26
Le 15 mars dernier, les Coursannais renouvelaient leur confiance à Édouard Rocher pour un troisième mandat. Quatre mois plus tard, l'heure est au premier bilan. Sécurité, mobilités douces, patrimoine, écoles, cœur de ville : le maire revient, sans détour, sur les premiers pas de ce nouveau chapitre pour Coursan.
Présentation
Cela fait maintenant quatre mois que vous avez entamé ce troisième mandat. Avec le recul, comment le vivez-vous ?
Plutôt bien. Nous avons une équipe en partie renouvelée, avec de nouveaux visages, mais aussi des piliers qui portent le projet municipal depuis plusieurs mandats. Nous avons créé de nouvelles commissions, ouvertes à de nouvelles personnes. L'objectif est clair : maintenir le cap que nous avons engagé ces dernières années, avec la même exigence.
Et je veux aussi avoir un mot pour les agents de la Ville, qu'on oublie trop souvent dans ce genre d'échange. Une équipe municipale peut avoir toutes les idées du monde, sans eux, rien n'avance concrètement. Ce sont eux qui, au quotidien, font tourner les services, entretiennent nos écoles, nos espaces publics, accompagnent les projets sur le terrain. Je sais que je peux compter sur leur professionnalisme et leur engagement, et je tiens à le dire clairement : la commune leur doit énormément.
La sécurité a occupé une place centrale dans votre campagne. Où en est ce dossier aujourd'hui ?
Oui, c'est un sujet essentiel, une attente forte des Coursannais. Comme nous nous y étions engagés, nous maintenons et renforçons la présence policière en soirée et de nuit, en particulier en période estivale et cela porte déjà ses fruits. Fiesta y Bandas s'est déroulée dans un calme remarquable, notamment grâce à la mobilisation conjointe de notre police municipale et de la gendarmerie.
Nous poursuivons également notre lutte contre les dépôts sauvages. Récemment, un dépôt particulièrement important a été constaté en centre-ville. Nous avons choisi de communiquer largement sur les réseaux sociaux pour le dénoncer, et les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 500 000 vues, 300 commentaires, 750 partages. Je sais que ce n'est « que » du numérique, mais je veux croire que cette visibilité a une vraie vertu de prévention, à l'heure où ces dépôts sont sanctionnés d'une amende de 135 € par objet abandonné.
Depuis lundi 20 juillet, nous avons également généralisé les 30 km/h sur l'ensemble de la commune. Là aussi, les premières réactions sur les réseaux sociaux sont plutôt positives, et c'est important : une règle de sécurité ne vaut que si elle est comprise et partagée par tous.
Les réseaux sociaux semblent occuper une place importante dans votre façon de communiquer ?
Oui, la commune y est très active, car c'est devenu notre principal canal d'information auprès de la population. Avec le service communication, c'est une vraie priorité : cela permet d'être dans l'immédiateté, et surtout d'être plus proche des habitants. Nous recevons énormément de commentaires, et nous les lisons attentivement, c'est une façon directe de prendre le pouls des préoccupations coursannaises.
Mais nous n'oublions pas non plus celles et ceux qui n'ont pas accès à internet. C'est tout le sens du magazine municipal, publié chaque semestre, ainsi que des affiches d'événements et des agendas placardés dans la ville. Nous avons aussi déployé l'application Panneau Pocket, qui permet à celles et ceux qui le souhaitent de recevoir directement les informations utiles et les alertes de la commune, sans passer par les réseaux sociaux. Aucun canal ne doit se substituer aux autres : l'information doit circuler pour tous, sous toutes les formes, parce que la fracture numérique n'exclut personne de son droit à savoir ce qui se passe dans sa commune.
Et puis, avant tout, je reste un homme de contact. Un écran ne remplacera jamais une poignée de main ou un regard. Chaque jeudi matin, je reçois sur rendez-vous tous les Coursannais qui le souhaitent, sans filtre. Je suis aussi présent au quotidien sur le terrain, dans les quartiers, sur les marchés, et lors des manifestations. Nous organisons régulièrement des réunions avec les riverains autour des projets qui les concernent directement, parce qu'un aménagement se construit avec ceux qui le vivent, pas seulement pour eux. Et je me rends autant que possible aux repas de quartier, parce que c'est souvent là, autour d'une table, que les choses se disent le plus simplement. Les réseaux sociaux sont un outil précieux, mais ils ne remplaceront jamais cette présence de terrain, qui reste, à mes yeux, l'essentiel de la fonction.
Du côté des grands chantiers de mobilité, où en est la voie verte ?
La voie verte de Coursan continue de se développer. Après un premier tronçon reliant la salle polyvalente à la marbrerie Fraisse, les travaux se poursuivent désormais de la marbrerie jusqu'au centre médical, en passant par le collège et le pont rouge.
C'est un investissement majeur pour l'avenir de notre mobilité, mais c'est aussi, plus largement, un choix de société. Nous ne pouvons plus penser l'aménagement urbain comme avant : chaque tronçon de voie verte, c'est moins de dépendance à la voiture, moins d'émissions, et une ville qui se prépare sérieusement aux défis climatiques qui nous attendent. Ce n'est pas un effet de mode, c'est une responsabilité que nous devons à nos enfants.
C'est aussi un investissement pour la sécurité des déplacements du quotidien et pour encourager les mobilités douces, en donnant enfin aux cyclistes et aux piétons la place qu'ils méritent face à la voiture. Faire du vélo, c'est bon pour la santé, pour l'environnement, pour le pouvoir d'achat aussi quand on pense au prix du carburant… et pour la qualité de vie de toutes et tous. C'est une transformation en profondeur de notre rapport à la ville, et nous l'assumons pleinement.
Et je veux être transparent sur un point : un projet de cette ampleur a un coût, mais nous ne le portons pas seuls. Nous sommes accompagnés à hauteur de 50 % par l'État et 25 % par l'Europe, aux côtés du Département de l'Aude et du Grand Narbonne. C'est aussi la preuve que ce type de projet, quand il est bien construit, sait convaincre au-delà de notre seule commune, et ça nous permet d'aller plus loin sans faire porter tout le poids sur le budget municipal.
L'accès aux soins inquiète de plus en plus de communes en France. Qu'en est-il à Coursan ?
Nous avons achevé le chantier d'extension du centre médical, et nous en sommes ravis. Les praticiens disposent désormais de locaux neufs et bien plus vastes.
Mais au-delà des murs, c'est un choix politique clair. Partout en France, des communes basculent dans le désert médical, et je refuse que Coursan connaisse ce sort. Offrir des conditions d'exercice modernes et attractives, c'est ce qui nous permet de retenir nos praticiens et d'en attirer de nouveaux, à l'heure où beaucoup de territoires se vident de leurs médecins. L'accès aux soins n'est pas un détail, c'est une condition pour bien vieillir, pour bien vivre, pour rester chez soi. Nous n'avons pas le droit de laisser ce sujet aux mains du hasard.
Le cœur de ville a lui aussi connu son lot de transformations ces derniers mois…
La démolition du Thacha est terminée, et les travaux d'aménagement du futur parking débuteront à la rentrée. Nous en profiterons également pour réaménager l'avenue Jean-Jaurès : apaiser la circulation, favoriser le stationnement, sécuriser les déplacements piétons, et ainsi soutenir le commerce de proximité.
Ce n'est pas un chantier isolé, c'est une vision d'ensemble pour redynamiser notre centre-ville. Trop de communes ont laissé leur cœur se vider, avec des rideaux baissés et des commerces qui partent. Ce n'est pas une fatalité, et ce n'est pas notre choix pour Coursan. Un centre-ville vivant, c'est un centre-ville où l'on peut circuler facilement, se garer sans stress, marcher en sécurité et c'est en réunissant toutes ces conditions que nos commerçants peuvent, à leur tour, retrouver du passage et de l'activité.
Nous poursuivons aussi les rénovations urbaines, en particulier l'opération façades en centre-ville, qui rencontre un véritable succès et qui redonne, rue après rue, de la fierté à notre patrimoine bâti. La Ville y participe à hauteur de 25 % à 35%, aux côtés du Grand Narbonne (35 %) : une solidarité entre collectivités et habitants, au service d'un même objectif.
Et puis, nous continuons à promouvoir le bien-vivre et le bien-manger à travers les marchés du dimanche, où de nouveaux commerçants viennent régulièrement s'installer. C'est aussi ça, la redynamisation : pas seulement des travaux, mais une envie collective de faire vivre notre ville.
Un sujet plus sensible pour finir sur le cadre de vie : la climatisation des écoles, alors que les étés sont de plus en plus chauds. Que répondez-vous aux familles qui s'impatientent ?
C'est un dossier important, et je préfère être honnête avec les Coursannais plutôt que de faire des promesses que nous ne pourrions pas tenir. Je sais ce que représente une salle de classe à 30 degrés pour un enfant, et pour un enseignant. Ce n'est pas un sujet que je prends à la légère. Mais je sais aussi ce que représente climatiser l'ensemble des écoles d'une commune : un coût très élevé, qu'il serait irresponsable d'engager sans méthode.
C'est pour ça que nous avançons par étapes, en commençant par ce qui a le plus d'impact pour le budget le plus raisonnable. Nous avons déjà engagé la désimperméabilisation et la végétalisation des cours des écoles Miquel et Casanova, qui contribuent réellement à faire baisser les températures. Nous prévoyons ensuite de climatiser les salles communes des écoles maternelles et élémentaires, pour offrir des temps de pause rafraîchissants lors des pics de chaleur. Les salles de classe suivront dans un second temps. Ce n'est pas de l'attentisme, c'est de la responsabilité : je préfère avancer sûrement, avec les moyens dont nous disposons, plutôt que de promettre une date que je ne pourrais pas garantir.
Changeons de registre : où en sont les grands chantiers patrimoniaux de la commune ?
Nous rénovons actuellement l'église, qui est véritablement l'âme de notre village. Les vitraux abîmés de l'église Notre-Dame de la Rominguière viennent d'être réinstallés après restauration. Dans le cadre de notre programme de préservation et de valorisation du patrimoine communal, la Ville de Coursan a engagé, il y a quelques mois, une opération de restauration de ces vitraux.
Cette restauration a été menée à l'identique, pour que le vitrail conserve toute son authenticité. La lumière extérieure de ce lieu de recueillement envahit désormais l'intérieur avec un éclat retrouvé, une opération financée par la Ville à hauteur de 8000 €. Certains diront que ce n'est « qu'une » église. Je ne suis pas d'accord : c'est notre histoire commune, ce qui rassemble des générations de Coursannais bien au-delà de la foi de chacun. Préserver ce patrimoine, ce n'est pas regarder vers le passé, c'est refuser de le laisser s'effacer.
Nous continuons également d'accompagner l'association des Orgues de Coursan dans l'installation des grandes orgues d'Occitanie au sein de l'église. À ce propos, une conférence-concert gratuite aura lieu le dimanche 20 août à 17h00, avec Bertrand Nogarède, professeur des universités et président du fonds de dotation Novartech, en charge de ce dossier.
Le tissu associatif a fait l'objet de critiques sur le montant des subventions municipales. Que leur répondez-vous ?
Nous continuons d'accompagner nos associations au quotidien. Le SO Coursan Grand Narbonne, par exemple, nous a sollicités car son panneau d'affichage des scores est tombé en panne. Nous devons le remplacer : un investissement de près de 10 000 €, mais indispensable pour cette association, qui compte plus de 300 licenciés.
Je sais que certains, dans l'opposition, aiment rappeler que les subventions directes n'ont pas augmenté. C'est un raccourci qui ne dit pas grand-chose de la réalité de notre soutien. Une subvention, c'est une ligne sur un tableau ; l'accompagnement d'une commune, c'est bien plus large que ça. Nous prenons en charge la mise à disposition des salles et des terrains, l'entretien, le ménage, l'éclairage, les équipements comme ce panneau d'affichage, tout ce qui, additionné, représente un effort considérable et souvent invisible. Si on mettait bout à bout tout ce que la Ville investit réellement pour faire vivre le tissu associatif, on serait loin du discours simpliste de la subvention qui stagne. Nous préférons être utiles plutôt que de communiquer sur un chiffre.
Nous réfléchissons également à l'organisation d'une cérémonie festive dédiée à nos associations, pour mettre à l'honneur celles et ceux qui se distinguent. C'est aussi cela, créer du lien : reconnaître l'engagement de celles et ceux qui font vivre Coursan.
Pour conclure cet échange, un dernier mot pour les Coursannais ?
Simplement que je n'ai pas de baguette magique. Certains dossiers avancent vite, d'autres prennent du temps, parfois plus que je ne le voudrais moi-même. Je ne prétends pas tout réussir, et je préfère qu'on me juge sur ce qui est fait plutôt que sur ce qui est dit. Ce que je peux garantir aux Coursannais, c'est que chaque décision est prise en pensant à eux, avec les moyens qui sont les nôtres, et qu'on ne laissera tomber aucun dossier en cours de route. Le reste, c'est à eux de l'apprécier.
Dernière mise à jour le 30/07/2026
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